présentation
UN PERSONNAGE QUI FASCINE TOUJOURS
AVEC ALBAN AUMARD, CLÉMENCE BARBIER, PHILIPPE DEMARLE DE L’ENSEMBLE ARTISTIQUE DU THÉÂTRE DE LA VILLE DANS LE RÔLE DE FAUSTUS, ANNE-SHLOMIT DEONNA, PASCALE OUDOT, THIBAUD SAÂDI, FRANK SEMELET ET DAYAN KOROLIC (MUSICIEN), GAËTAN BESNARD (RÉGISSEUR VIDÉO) SUR LE PLATEAU
TRADUCTION JEAN-LOUIS BACKÈS SCÉNOGRAPHIE JEAN-BAPTISTE BELLON VIDÉO JULIEN DELMOTTE COSTUMES MARIE LA ROCCA ASSISTÉE DE GWENDOLINE BOUGET LUMIÈRES PIERRE LEBLANC MUSIQUE ORIGINALE DAYAN KOROLIC CHORÉGRAPHE CAROLINE MARCADÉ RÉGIE GÉNÉRALE THIERRY BOUVET INGÉNIERIE SCÉNOGRAPHIE PAUL SAMSOVICI ADMINISTRATION DE PRODUCTION JULIETTE ROELS ASSISTÉE DE CÉLINE SETTIMELLI
« J’imagine un chœur de programmeurs et de techniciens, rivés à leurs machines, travaillant corps et âme à la réalisation des ambitions du savant.» Ainsi s’exprime le bouillonnant Victor Gauthier-Martin à propos de ce Docteur Faustus créé à Carouge, coproduit par le Forum (Blanc-Mesnil) et le Théâtre de la Ville (Paris).
La première version de ce mythe, publiée en Allemagne sous la forme d’un roman populaire, dénonce la magie et vante le doute nécessaire, même face à la science, discipline en plein essor à une époque encore trouble qui tente de réorganiser ses connaissances.
Il perdure une fascination pour Faustus, un attachement à son sens de l’à-propos comme à ses errements. Victor Gauthier-Martin l’entrevoit aujourd’hui dans certaines attitudes de la société face aux avancées scientifiques, de l’ordre de l’emballement collectif.
Faustus est un personnage médiatique avant l’heure. Brûlant les étapes avec l’urgence de ceux qui ont accepté de mourir, il séduit les foules en portant atteinte aux lois naturelles et valorise l’intolérable pour en faire un argument de vente.
Cynique moderne, il est aussi un personnage ambigu : « Faustus n’était-il pas un habile orateur doté d’une mémoire prodigieuse qui lui permettait de retenir plutôt que de savoir ? », s’interroge le metteur en scène. Le mystère reste entier.
Production microsystème Co-production Théâtre de Carouge-Atelier de Genève - Théâtre de la Ville, Paris - Le Forum / Scène conventionnée de Blanc-Mesnil, avec la participation du DICRéAM, le soutien du Centquatre et la participation artistique du Jeune Théâtre National. Microsystème est soutenue par la Direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France Ministère de la Culture et de la Communication. La compagnie est en résidence au Forum / Scène conventionnée de Blanc-Mesnil avec le soutien du Conseil général de la Seine-Saint-Denis.
éclairage
A PROPOS DE LA TRAGÉDIE DE FAUSTUS
Face à la figure si célèbre et emblématique du Docteur Faustus, j’ai tout d’abord essayé de comprendre comment les multiples transformations du personnage, les diverses versions littéraires du mythe de Faust pouvaient prendre place et résonner aujourd’hui. Nous connaissons curieusement davantage le mythe de Goethe que celui de Marlowe, ou imaginons du moins le connaître. Chez Goethe, il y a - en bref bien sûr - une soif d’absolu, une projection au-delà du monde connu, de la connaissance, du temps humain, une œuvre complexe et métaphysique, avec l’idéal amoureux comme viatique pour l’éternité.
Aux temps encore baroques, réputés troubles, aventureux, propices aux inversions, Christopher Marlowe avait déjà (ré)écrit sa version du Faust, mais à son image, un maître étalon, un alter ego prompt aux rêves et aux décisions précipitées, aux disputes, un acharné de la vie, un assoiffé de savoir et de succès. La liste est longue, tant ce personnage porte en lui de possibilités et s’identifie à la pulsion humaine de découverte et de défi tel Icare, Don Juan, toute la cohorte des libres penseurs condamnés au nom d’un dieu ou du pouvoir politique.
Ombre de son auteur, illustration de l’intellectuel aventurier de la Renaissance, ce Faust-là, Faustus, brûle les étapes, avec l’urgence de ceux qui ont accepté de mourir. Jeune d’esprit sinon de corps, et ambitieux, il porte atteinte aux lois naturelles, aux codes sociaux, à l’ordre public et à ses règles. Une quête de la vérité, une exigence d’être soi, dans le ton de la tragi-comédie... Il cherche afin d’assouvir ses désirs les outils adéquats, ceux qui sauront effacer les limites de sa condition d’homme : depuis les jeux d’optique, l’induction psychologique, jusqu’aux phénomènes d’illusions par la création d’images, les attaques informatiques et la manipulation du vivant. Faustus, derrière ses machines hyper-sophistiquées, a encore en lui le sorcier originel.
Il y a un mystère de la fascination pour Faust, des générations d’artistes et de penseurs, un attachement à son sens de l’à-propos comme à ses errements. J’entrevois aujourd’hui son reflet dans certaines attitudes de la société face aux avancées scientifiques, de l’ordre de l’emballement collectif. De son côté la recherche évalue, calcule la courbe de notre évolution récente, sur les axes progrès à poursuivre / cauchemar à éviter.
Faustus fait l’expérience du surhomme, de l’homme parfait que la science nous donne à rêver : le pouvoir de se sculpter, de se programmer à l’image de ce que nous voulons être, de vivre plus longtemps. L’électronique, les médicaments, la chirurgie que nous avons apprivoisés contribuent «comme par magie» à nous rendre plus intelligents, plus forts, plus rapides, en un mot plus efficaces.
Aux mains de cette science, le corps devient œuvre d’art, mille fois retouché au scalpel par des Méphistophélès aux doigts d’or. Il devient machine, dotée d’un cerveau dont on peut connecter les neurones, ou dotée de prothèses, de corps étrangers, de cellules qui ont cessé de dégénérer. Il devient marchandise, dans les pays pauvres, par le jeu du trafic d’organes. Il devient modèle reproductible à l’infini.
Victor Gauthier-Martin
Biographies
VICTOR GAUTHIER-MARTIN
Après deux ans en Angleterre à l’Everyman Theater à Cheltenham, Victor Gauthier-Martin, de retour en France, suit les ateliers du soir au Théâtre National de Chaillot puis intègre l’ERAC (École régionale d’acteurs de Cannes). Il y met en scène avec sa promotion Les Amis font le philosophe de Jacob Lenz.
Un an plus tard, en 1994, il est reçu au CNSAD (Conservatoire national supérieur d’art dramatique) où il monte Ambulance de Grégory Motton à la salle Jouvet au Conservatoire et au Théâtre des Ateliers à Aix-en-Provence, puis La Cuisine d’Arnold Wesker au Théâtre du Conservatoire et au Théâtre du Soleil, invité par Ariane Mnouchkine.
Il repart ensuite un an en Angleterre à LAMDA (London Academy of Music and Dramatic Art) avec une bourse Lavoisière. À son retour, il présente Ailleurs tout près de Françoise Mesnier dans le cadre du Jeune Théâtre National et travaille en collaboration avec la compagnie du Vis-à-Vis pour monter Les Petites Choses et Un baiser dans la tête de Sonia Willi au Théâtre universitaire de Nantes.
Entre 2000 et 2002, dans le cadre de l’Unité nomade de formation à la mise en scène, il travaille avec Manfred Karge à Berlin et Krystian Lupa à Cracovie.
En parallèle, il est comédien dans les spectacles de Sébastien Bournac, Jean-François Peyret, Benoît Bradel, Pascal Rambert, Alain Françon et Jean Liermier.
Depuis 2003, Victor Gauthier-Martin développe tous ses projets de mise en scène au sein de microsystème avec la collaboration de Juliette Roels en tant qu’administratrice de production. La compagnie est en résidence au Forum de Blanc-Mesnil depuis le 1er janvier 2008.
En tournée
EN TOURNÉE
Blanc-Mesnil - Le Forum du 25 au 27 nov. et du 2 au 4 déc. 2010
Paris - Théâtre de la Ville AUX Abesses du 8 au 18 déc. 2010
Chelles - Théâtre de Chelles 14 jan. 2011
Mâcon - Scène nationale 21 jan. 2011
Soirées
Les samedis DJ
Désormais, après la représentation du samedi, le Théâtre de Carouge vous propose de prolonger votre soirée en musique. D’abord au Théâtre, avec un Dj. Puis au Chat Noir pour découvrir de jeunes talents.
- 6, 13, 20 novembre 2010 - Salle François-Simon
Dimanche au Théâtre
La saison dernière, dans un savoureux duo de catcheurs intellectuels, André Steiger et Richard Vachoux présentaient librement les pièces du Théâtre de Carouge. Cette année, grâce à la complicité d’Anne-Marie Delbart, le Théâtre s’associe aux classes pré-professionnelles d’art dramatique du Conservatoire de musique de Genève. Les premiers dimanches de chaque série de représentations (à partir de 16h), deux étudiants – sous l’œil de leur professeur – répéteront des extraits des pièces programmées et, à leur manière, en feront un commentaire en acte. Une façon inédite et ludique de se familiariser avec des auteurs mais aussi avec le travail d’acteur.