Tous les articles tagué «Théâtre de Carouge»

30 mai 2011

Édito

J’aime me perdre, car c’est encore le plus sûr moyen de me re-trouver !

En répétitions, ces moments d’errances, de doutes – on se sent comme perdu dans un désert à mille milles de toute terre habitée, chamboulé face aux mystères, aux secrets que recèle une oeuvre – me procurent la chance d’emprunter des chemins de traverse, inconnus jusqu’alors, insoupçonnés, voire insoupçonnables.

De ces moments naîtra du sens. Ils vous feront oublier ce que vous croyiez savoir et vous feront tendre vers ce que vous ne connaissiez pas encore. Ils vous permettront d’acquérir non pas un savoir-faire, mais un savoir-défaire : apprendre à désapprendre…

Cette soif de curiosité anime tous les Artistes que vous côtoierez au fil de la saison à venir. Grâce à eux, que les mots jaillissent littéralement du papier et vous atteignent au plus profond, là ou se nichent des désirs d’aventures et de découvertes.

Mon équipe, qui m’est si chère, avec qui l’impossible devient possible, et moi-même, vous souhaitons la plus fabuleuse des saisons qui soit, au Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Votre Théâtre.

Jean Liermier

6 janvier 2011

Rétrospective 2008-2011

A propos du Théâtre de Carouge. Pour bien commencer l’année, l’équipe du Théâtre de Carouge vous propose de revenir en images sur les temps forts des saisons programmées par Jean Liermier. Bonne année à toutes et à tous ! [lire la suite]

18 novembre 2010

Dans la solitude d’un couloir

Nous avions rendez-vous chaque jour, au même endroit. Je passais le chercher et l’accompagnais au Théâtre, afin qu’il y soit environ 1h avant la représentation. Ce soir-là, les couloirs de l’Hôpital Cantonal étaient déserts : un silence de couvent et pas âme qui vive ! J’avais presque honte de faire autant de bruit avec mes talons…

Et puis, soudain, à quelques mètres de sa chambre, un murmure, chaud et envoûtant, arriva jusqu’à moi.

En avançant tout doucement, des mots plus précis m’accueillirent : « Si j’en étais ? Tu ne sais vraiment pas à qui tu parles ? (…) On ne parle donc nulle part de moi chez les Grecs ? (…) Tombeau deux fois fermé ! (…) Oubli sur oubli. (…) Meurtre deux fois fait ! (…) Je suis ce Philoctète… »

La porte de sa chambre avait beau être fermée, sa voix grave, pénétrante et ravageuse allait au-delà des murs ! La beauté de ses paroles, la force de son intention et ce moment volé au temps et à l’espace me firent rester dans le couloir quelques minutes de plus. Plusieurs infirmières passèrent à mes côtés et me présentèrent un doux sourire complice (elles devaient avoir profité de cet instant-là, avant moi). J’aurais pu m’immobiliser pendant des heures et écouter. Rien que cela ! Ce rien, d’une magie inouïe.

Je finis par taper à la porte. Le texte de Siméon s’interrompit. La banale invitation «Entrez !» suivit. Et lorsque j’ouvris la porte, l’inoubliable regard de Laurent Terzieff, debout, au milieu de sa chambre, m’accueillit une nouvelle fois.

Coré Cathoud

3 novembre 2010

Les Spectacteurs

Ce spectacle fut la toute première création de ma direction.
J’avais envie de retrouver Philippe Morand (l’ancien directeur du Théâtre de Poche) et de lui confier un spectacle qui tournerait autour du rapport entre le spectacle et le spectateur. Une représentation est une œuvre éphémère, une proposition… A partir de là, que vient voir le spectateur ? Nous avions envie d’ouvrir une lucarne sur les répétitions, de montrer un spectacle en devenir, avec les affres parfois que l’on traverse, les joies intenses. D’offrir finalement un témoignage de notre amour du théâtre.

Morand a recruté une équipe par cooptation, et ensemble, ils ont cherché, tâtonné. La rencontre entre le public devenu Spectacteur et les comédiens fut immédiate, le bouche à oreille faisant le reste. J’ai eu envie après deux saisons de reprogrammer le spectacle à Carouge et de le faire voyager en Suisse romande.

Jean Liermier

3 novembre 2010

Théâtre en appartement

Suite aux discussions avec Anne Brüschweiler, la nouvelle directrice du théâtre Forum Meyrin, et notre nouveau partenaire de Ferney Hervé Loichemol, nous souhaitions faire d’autres propositions: il y eut Omar Porras et ses Fourberies de Scapin, le journal Si, l’abonnement commun, il nous fallait inventer une nouvelle forme de collaboration. L’idée de continuer à se rapprocher du public, d’inventer un spectacle pour aller au devant des gens, chez eux, s’est imposée.

Qu’est-ce que tu vois ? est le premier volet de cette expérience qui sera reprise au printemps 2011 avec Claude Thébert qui lira La vie errante de Bonnefoy.

Jean Liermier

1 novembre 2010

Le théâtre fasciné par la science

À propos de Docteur Faustus. Christopher Marlowe, William Shakespeare, Molière, Diderot, August Strindberg, Sacha Guitry, Jules Romains, Bertolt Brecht, Edward Bond, Peter Brook, Jean-Claude Carrière… La liste est longue des dramaturges qui ont pris la science comme sujet d’investigation du tempérament humain. [lire la suite]

24 mars 2010

LÉcole des femmes

Robert Sandoz, comédien et metteur en scène, est l’assistant de Jean Liermier sur L’École des femmes.
Semaine après semaine, il livre son journal de bord de la création. Bienvenue dans l’envers du décor.

Deuxième semaine des répétitions :

Bonjour,

Cette deuxième semaine s’achève en plein acte IV. Le survol des deux premiers tiers de la pièce nous a permis de nous poser nombre de questions et d’en esquisser les réponses. Les comédiens ont reçu des pistes de Jean; elles pourront mûrir jusqu’au prochain passage. Le texte est bien ancré dans les têtes et la versification presque là. En milieu de semaine, toute l’équipe costume a fait le voyage de Paris pour un essayage des toiles rapide, efficace et très sympathique. Nous avons pu avoir une idée très claire du résultat final. On explore l’espace avec des accessoires et des costumes de répétitions de plus en plus précis. [lire la suite]