Edito

13 avril 2011

Mille francs de récompense

Je gardais en mémoire la lumineuse et ludique mise en scène de Benno Besson, avec les décors de Jean-Marc Stehlé. Les aventures de Glapieu, cousin de Gavroche (Hugo écrit Les Misérables quatre ans auparavant), SDF au grand cœur, pour qui l’injustice est inacceptable, insupportable, avec des personnages silhouettés à la Daumier (le dangereux Rousseline, Edgar l’amoureux transi, la pathétique maman abandonnée…). 

Tout cela était resté fixé dans mes souvenirs ; tout cela est magnifiquement réussi dans la mise en scène de Laurent Pelly. La mise en image de Chantal Thomas ainsi que la dramaturgie d’Agathe Mélinand permettent à la langue de Hugo de sonner clair et haut. Et une formidable équipe d’acteurs relèvent le défi d’incarner ces figures hautes en couleurs, avec l’empathie et la prise de distance alternativement nécessaires.

J’avais envie de vous faire ce plaisir : plonger en apnée trois heures durant dans cet univers mélodramatique si touchant et vous faire entendre la parole de l’un des auteurs les plus engagés du XIXe siècle.

Jean Liermier

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