Acteurs
4 janvier 2011
Amusez-vous !
À propos de Monsieur chasse ! Robert Sandoz, metteur en scène, transmet par écrit ses notes aux comédiens les lendemains de filage.
I
l me faut parfois un peu de temps pour trouver de meilleurs mots. Je reviens donc sur mon commentaire général d’hier.
Ce n’est pas la question du drôle qui se pose à nous, c’est la question de l’unique. Nous avons bien travaillé, ensemble, à construire l’histoire. Cela nous donne une ossature qu’il faut conserver et intégrer afin qu’elle n’apparaisse plus.
Mais que faire pour que nos personnages, et donc notre histoire, soient uniques ? Il faut étrangement travailler deux opposés. Premièrement, il faut redonner un peu de folie, de couleur, d’énergie et nous sortir de l’ordinaire. Vous en avez souvent envie, faites-le.
Il faut l’introduire sans trop accélérer et sans perdre la structure. Il s’agit d’amplifier l’intensité, pas seulement la vôtre, aussi celle entre vous.
Je prends ici en exemple le moment où Moricet veut parler des filles avec Gontran. Il y a un vrai moteur, du genre : je peux le prendre par l’oreille et lui faire traverser la moitié du plateau.Autre exemple : la joie d’avoir un tailleur qui arrive qui fait qu’on en abandonne notre femme en plein préliminaires (très intenses d’ailleurs hier, bravo). Il n’y a rien de nouveau, il y a des coups à jouer totalement et follement.
On est toujours sincère, mais dans un monde de liberté d’expression.
Exprimez ce qui bouillonne en vous. On tentera jeudi d’aborder ce 1 [premier acte, ndlr] sans se dire : gardons de la marge pour le 2 et le 3. On entre dedans au max, au 2 on accélère et on finit au sprint.
La simplicité peut aussi être intense, c’est un outil de premier choix dans nos variations.
Le deuxième volet, c’est votre humanité, votre profondeur, vos failles et défauts qui doivent ressortir plus. Là aussi, on parle d’intensité.
Que ce soit Léontine qui a besoin d’un verre, Moricet qui se confie au public sur ses poèmes, un « est-il ladre », un « tu m’as dédié une page », surtout après une avancée avec un pantalon plus folle.
La simplicité peut aussi être intense, c’est un outil de premier choix dans nos variations. Elle provoque encore plus de surprise que l’exubérance.
Mais il faut viser une vérité nue, qui serait presque impossible dans une pièce dramatique. Vous êtes, à ce moment-là, drôles. Sans chercher le gag et en étant fidèles à votre personnage. Souvenons-nous de l’énergie et de la fraîcheur de Samuel et de Joan lors des premiers jours dans la petite salle. Avant que la pression, la fatigue, les moments techniques, les costumes, la narration précise et autres nous empèsent. Il est temps de la réintroduire.
Voilà, tout ça, c’est ce que je voulais dire hier soir quand j’ai dit : amusez-vous.
Robert Sandoz

Il est trop rare de pouvoir déguster ces vaudevilles début de siècle. Il est par contre bien dommage de priver le spectateur d’entracte, car 2h. non stop après une journée de travaille c’est pénible et diminue le plaisir de cette très bonne pièce. Après 1h.1/2 la moitié des spectateurs se tortillent sur leur fauteuil, mais cela doit amuser le metteur en scène et faire partie de son propre spectacle.
L’entracte fait aussi partie de la sortie théâtre, on retrouve des amis, on se donne rendez-vous après le spectacle ou pour le prochain.
Mr le metteur en scène pensez un peu aussi au spectateur qui est aussi un client et que son confort est important pour qu’il se déplace une prochaine fois.
Avec tous mes plus bruyants applaudissements pour votre pièce.