Edito
3 novembre 2010
Docteur Faustus
Christopher Marlowe, contemporain de Shakespeare, fer de lance sulfureux du théâtre élisabéthain, a-t-il encore sa place sur une scène d’aujourd’hui ? En restant au plus près de l’esprit de l’œuvre, Victor Gauthier-Martin fait le pari que oui ! La recherche esthétique s’inscrit dans la ligne des scénographies élisabéthaines, où l’espace était suggestif : là, il nous semble être dans le laboratoire high-tech d’un savant fou : fauteuil adéquat, vidéo, technologie.
La scénographie épurée devient la clef de voûte d’une lecture qui nous pousse à nous questionner. Le docteur Faustus, qui pourrait être un chercheur en neurosciences, en chirurgie esthétique ou encore en génétique, est un insatisfait. Il est brillantissime, mais n’a pas les réponses qu’il souhaite avoir. Cela le poussera à franchir les limites, à transgresser les tabous, à jouer avec le feu en pactisant avec le diable. Qu’en est-il de la question de l’éthique, des limites à franchir ou à ne pas franchir ? L’homme qui aujourd’hui peut remodeler un corps, jouer sur les effets du temps, théoriser sur le bigbang et la création de l’univers, ne se trouve-t-il pas parfois aussi impuissant que le Faustus du XVIe siècle ?
Jean Liermier


Mon mari et moi-même étions tout simplement consternés par cette mise en scène du Docteur Faustus, qui hésite entre la farce grossière et le conte édifiant pour enfants. Un véritable massacre!
C’est sans doute pour empêcher qu’un plus grand nombre de spectateurs ne parte avant la fin qu’il n’y a pas d’entracte. Nous sommes restés jusqu’au bout par respect pour le travail des acteurs, mais il a fallu s’accrocher.
Franchement, nous n’allons pas au théâtre pour subir les fantasmes d’un metteur en scène, ce dernier est au service de l’auteur et de sa pièce. Le sujet, pourtant, à savoir 24 années de pouvoir absolu en échange de l’âme de Faustus, est éternel et permet de ce fait toutes les adaptations et transpositions pour inciter à la réflexion! Or, toute réflexion est impossible face à autant de laideur et de gesticulations grotesques!
Désolée. mais j’ai beau chercher, je n’ai pas souvenir d’un spectacle aussi affligeant tout au long des années que nous sommes abonnés au Théâtre de Carouge.
Meilleures salutations,
Heidi Sery
C’est justement parce que « 24 années de pouvoir absolu en échange de l’âme de Faustus, » « permet de ce fait toutes les adaptations et transpositions pour inciter à la réflexion » que le metteur en scène est à l’aise!.. Et que grâce à la technologie, la « magie », n’est plus un rêve, mais une réalité scénique ! Que la transposition des sept péchés capitaux dans l’univers du rock est extraordinaire et talentueuse.
Bravo au Carouge et à Gauthier-Martin.