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Platonov

D'Anton Tchekhov

Mise en scĂšne de Valentin Rossier

présentation

Maurice Aufair  Porfiri SĂ©mionovitch Glagoliev Claude-Inga Barbey Anna PĂ©trovna VoĂŻnitsĂ©va Julia Batinova  Alexandra Ivanovna (Sacha) Vincent Bonillo SergueĂŻ Pavlovitch VoĂŻnitsĂ©v Élodie Bordas Sofia IĂ©gorovna Marie Druc Maria Éfimovna GrĂ©kova Armen Godel Abram Abramovitch VenguĂ©rovitch Christian Gregori  NikolaĂŻ Ivanovitch Triletski Roberto Molo Ossip Guillaume Prin Kirill PorfiriĂ©vitch Glagoliev Valentin Rossier MikhaĂŻl VassiliĂ©vitch Platonov

Traduction André Markowicz et Françoise Morvan
ScĂ©nographie Jean-Marc Humm  Son Jean Faravel LumiĂšres Jonas BĂŒhler  Costumes Nathalie Matriciani Assistanat Ă  la mise en scĂšne Hinde Kaddour, Elidan Arzoni
Réalisation des décors Grégoire de Saint Sauveur,
Philippe Botteau, Manu Rutka, José Pires Liberato, Ferat Ukshini,
GĂ©rard Mandonnet, Christophe Gauthiez RĂ©gie gĂ©nĂ©rale Gianni Ceriani, Manu Rutka RĂ©gie son Graham Broomfield RĂ©gie lumiĂšre Eusebio Paduret RĂ©gie plateau Gianni Ceriani, Paola Guerra Armurier Olivier Lafrance  Maquillage, perruques et coiffure Katrin Zingg Habillage et coiffure CĂ©cile Vercaemer Ingles

 

Un personnage de théùtre

Platonov, c’est le personnage d’un roman qui n’existe pas. L’inachĂšvement et l’incertitude sont inscrits dans son caractĂšre. Rien ne peut le dĂ©finir absolument. Il erre dans le cƓur des femmes, sans pour autant convenir Ă  l’image d’un Don Juan. Il est paresse, abandon, il n’agit pas. C’est la petite sociĂ©tĂ© qui l’entoure, assoiffĂ©e de raisons de vivre ou de survivre, qui malgrĂ© lui, le rend actif. Son intelligence ne se manifeste que par sursauts. Et parce que cette intelligence demeure imprĂ©visible et Ă©phĂ©mĂšre, elle est souvent destructrice. Platonov court aprĂšs sa mort comme la piĂšce vers sa fin. Il ne choisit pas : Tchekhov non plus. Tous deux, comme dans un miroir, se renvoient implacablement une forme d’impuissance existentielle ; leur incohĂ©rence est source de poĂ©sie, leur force rĂ©side dans l’inachevĂ©. C’est cette incohĂ©rence qui donne du corps et de la vie aux personnages de Tchekhov. Platonov, c’est un personnage de thĂ©Ăątre qui s’en veut d’ĂȘtre sur scĂšne sans en connaĂźtre la raison. 

Valentin Rossier


Production
Théùtre de Carouge-Atelier de GenÚve Coproduction Helvetic Shakespeare Company

Ă©clairage

Une histoire naturelle

S’il y avait une histoire « naturelle » de Platonov, elle suivrait le cycle des saisons.   L’hiver, il fait trop froid pour sortir. Les Platonov, comme les autres familles des environs, restent cloĂźtrĂ©s chez eux et engraissent - contrairement aux animaux qui hibernent et maigrissent en vivant sur leurs rĂ©serves. Au printemps, les uns et les autres sortent tout gras de leur taniĂšre. Ils aiment se retrouver chez Anna Petrovna, la jeune veuve d’un gĂ©nĂ©ral dont la fortune s’épuise lentement.  

C’est la saison des amours. Les jeunes hommes sont vigoureux et les jeunes femmes disponibles. Les discours se parent de tous les attributs de la passion et, comme le monde semble encore nouveau, les uns et les autres s’imaginent le faire et le dĂ©faire en s’étripant comme de jeunes coqs.  

L’étĂ©, on le sent, la chaleur fait Ă©clater les scandales. Les brasseurs d’affaires croquent volontiers ce qui reste de fortune aux beaux esprits qui, par ailleurs, remĂąchent dĂ©jĂ  le dĂ©pit et la rancƓur que leur inspire un monde que, dĂ©cidĂ©ment, ils sont impuissants Ă  changer. Sans compter les histoires d’amour fanĂ©es aux premiĂšres ardeurs du soleil.  

En automne tout se calme. Le jour et les histoires raccourcissent. Les Ă©nergies s’étiolent, sans doute ils ont maigri. Les rancƓurs et le, dĂ©pit se figent. Les uns et les autres se voient moins souvent et chacun se prĂ©pare Ă  traverser le rude hiver qui s’avance dĂ©jĂ .  

Le cycle achevĂ©, on imagine cette petite sociĂ©tĂ© prĂȘte Ă  recommencer le mĂȘme parcours et Ă  perpĂ©tuer d’annĂ©es en annĂ©es la vanitĂ© de ses Ă©bats, sans rencontrer d’autres accidents que les naissances, le vieillissement et la mort des uns et des autres.   Mais l’histoire de Platonov n’est pas « naturelle » elle est « humaine ». Cela veut dire qu’elle n’obĂ©it pas aux lois de la nature mais aux rĂšgles - et dans le cas de Platonov il vaudrait mieux dire aux dĂ©rĂšglements - que les humains Ă©tablissent entre eux pour essayer de vivre en sociĂ©tĂ©.

Et donc, dĂšs le premier acte, le printemps qui vient est dĂ©jĂ  si chaud qu’on pourrait se croire en Palestine et les scandales commencent avant mĂȘme que les familles locales, enfin rĂ©unies, n’aient pris leur premier repas en commun.

MICHEL VITTOZ

TĂ©nĂšbres

à l'école des ténÚbres

Écrit Ă  l’ñge de 18 ans, Platonov marque l’exceptionnelle entrĂ©e de Tchekhov dans l’écriture, vingt ans avant Le Chant du cygne, l’une des derniĂšres piĂšces de ce dramaturge russe auquel il ne fut pas donnĂ© de vieillir (il meurt Ă  44 ans). Grand Ă©cart temporel ? Ou comment la boucle fut bouclĂ©e? Le rapprochement proposĂ© par Alain Françon montre toute la cohĂ©rence d’une Ɠuvre universelle, qui, d’un bout Ă  l’autre, aura donnĂ© Ă  voir avec une perspicacitĂ© aiguĂ« la sociĂ©tĂ© et l’existence qui sont les nĂŽtres.

LE MONDE EST UN THÉÂTRE, ET UNE FOSSE.    

C’est dans les tĂ©nĂšbres que l’exceptionnel Jean-Paul Roussillon se laisse aller Ă  son Chant du Cygne, courte confession d’un vieux comĂ©dien seul, de nuit, dans les tĂ©nĂšbres d’un thĂ©Ăątre vide. L’expĂ©rience de la pĂ©nombre, de ce thĂ©Ăątre mort et remplacĂ© par une angoissante fosse noire, marque d’autant plus le spectateur que le texte, dans la voix dramatiquement amusĂ©e de Jean-Paul Roussillon, respire une noble fatigue, une immense intelligence et une finesse humaniste vis-Ă -vis de notre destin de mortels vieillissants, dĂ©jĂ  appelĂ©s Ă  quitter les planches, mais jusqu’au bout ivres de la magie thĂ©Ăątrale et de l’amour des mots, des puissances et de la vivacitĂ© qui habitent cet art.

L’ENFANT TERRIBLE    

Tout n’a-t-il pas Ă©tĂ© dit, aprĂšs ces vingt parfaites minutes de Chant du Cygne ? Alain Françon prend le pari que non, et, s’appuyant sur la toute rĂ©cente traduction de Françoise Morvan et AndrĂ© Markowicz, donne, Ă  la suite de ce condensĂ© existentiel, Platonov, longue Ɠuvre inĂ©dite de la jeunesse prolixe de Tchekhov. Grand bien lui en a pris, disons-le sans tarder. LycĂ©en sĂ©parĂ© de sa famille par la ruine de celle-ci, Tchekhov se livre Ă  l’écriture furieuse de cette piĂšce sombre et drĂŽle, amĂšre et subtile, digne de la jeunesse de Cioran, des errements d’Ivan Karamazov, voire des divagations mĂ©taphysiques de Rozanov ; une piĂšce qui annonce, au sein de l’Ɠuvre de l’écrivain-mĂ©decin, Ă  la fois La Cerisaie et, plus encore, Oncle Vania.
Platonov est un dandy dĂ©sabusĂ©, un esprit remarquable qui a ratĂ© sa vie, et qui se retrouve Ă  moins de trente ans petit maĂźtre d’école mariĂ© Ă  une simple paysanne, tout dotĂ© qu’il soit d’une luciditĂ© impitoyable et armĂ© d’un sens de la rĂ©partie, d’un maniement du langage qui lui permettent de dominer aisĂ©ment tous ses contemporains – et de sĂ©duire toutes ses contemporaines

TiraillĂ© entre trois femmes, dans l’ennui d’une grande maison familiale, de soĂ»leries en scandales, Platonov sombre dans un malaise existentiel et prĂ©cipite toute la famille dans sa dĂ©cadence. À mi-chemin entre DostoĂŻevski et le boulevard, Platonov est « un homme extraordinaire, et une canaille
 une canaille extraordinaire », qui se rit de sa petite sociĂ©tĂ©, et dont le mĂ©pris et le dĂ©tachement, souvent amoral, lui valent la passion des unes, la fascination des autres, et la soumission de tous. Enfant terrible au franc-parler redoutable, vouĂ© Ă  la solitude mais incapable de rĂ©sister aux tentations du vin et des femmes, conscient de sa force comme de ses fautes, Platonov illustre une modernitĂ© d’aprĂšs le romantisme, caractĂ©risĂ©e par son cynisme : Platonov est « le seul ĂȘtre humain » de ce monde, dans le sens que donnait DiogĂšne au vrai homme – lucide, dĂ©pourvu de lĂąchetĂ©, et dangereusement libre. ConfrontĂ© Ă  tous les Ăąges de la vie, dans cette piĂšce riche en personnages, en Ă©nergie, en dialogues vifs et en rĂ©parties cinglantes (dans une excellente traduction, haute en couleurs), Platonov Ă©chappe Ă  l’humanitĂ©, et provoque le rire, les passions, et la haine, jusqu’à l’apocalypse absurde du dernier acte, dont il est, avec cet inusable ressort dramatique qu’est l’alcool, le seul instigateur.
« Je suis un requiem »
, s’exclame Platonov dans sa dĂ©chĂ©ance : le requiem trouble et dĂ©jantĂ© de toute une sociĂ©tĂ©, dont Tchekhov ne cache aucune plaie – injustice sociale, cruautĂ©, corruption, maladies, religiositĂ© sans dieu
 Une sociĂ©tĂ© oĂč l’on rit pour ne pas pleurer, quitte Ă  paraĂźtre fou ; et le public fait-il autre chose, qui s’esclaffe devant le dĂ©sespoir bouffon de Platonov dĂ©chu et maigrement suicidaire ?
Un excĂšs de mort, une mĂ©taphysique trop radicale, ne laissent d’autre choix pour le metteur en scĂšne et ses comĂ©diens (assurĂ©ment tous trĂšs bons, d’Eric Elmosnino – Platonov – Ă  Dominique ValadiĂ©, en passant par Carlo Brandt, Julie Pilod ou le jeune et cĂ©lĂšbre Éric Berger, jouant NicolaĂŻ, double plus discret de Platonov) que de pousser un peu le comique, voire le dĂ©lirant, pour compenser la grande noirceur de l’ensemble, et la conclusion mĂ©dicale rĂ©pĂ©tĂ©e ici et lĂ  : tout est abject.    

LES ÂGES DE LA VIE    

Beaucoup de tĂ©nĂšbres, pour ce vĂ©ritable Ă©vĂ©nement thĂ©Ăątral, et peu de lumiĂšre, si ce n’est l’immense lumiĂšre de l’esprit du dramaturge, admirablement orchestrĂ© par une mise en scĂšne sobre et pertinente, et par une troupe idĂ©ale. Les Ăąges de la vie expliquent tout, dans la vision profondĂ©ment humaine du mĂ©decin Tchekhov ; et, de fait, l’écart entre le dynamisme destructeur de Platonov et la superbe retenue du Chant du Cygne, est manifeste. Mais Platonov, puĂ©ril vieillard de trente ans comme Oncle Vania est un vieillard de quarante ans, Platonov Ă©chappe aux cases du temps – aussi sĂ»rement que Tchekhov Ă  son siĂšcle, et comme Shakespeare, DostoĂŻevski ou HomĂšre au leur. Non, l’histoire des hommes ne change pas
      

NICOLAS CAVAILLÈS

Valentin Rossier

Valentin Rossier

ComĂ©dien et metteur en scĂšne, Valentin Rossier se forme Ă  l’École SupĂ©rieure d’Art dramatique (ESAD) de GenĂšve. Depuis, il n’a cessĂ© de fouler les planches et de signer des mises en scĂšne marquĂ©es par un imaginaire et une esthĂ©tique singuliers.
En 1994, il fonde l’Helvetic Shakespeare Company avec FrĂ©dĂ©ric Polier. S’il frĂ©quente assidĂ»ment les Ă©critures de Shakespeare et de Ödön von Horvath, il monte Ă©galement des auteurs tels que Brecht, Agota Kristof, Grumberg, Tom Stoppard, Heinrich von Kleist, Tchekhov.
Parmi ses derniĂšres mises en scĂšne : Dialogues d’exilĂ©s de Brecht avec Jean-Quentin ChĂątelain au ThĂ©Ăątre Vidy-Lausanne ; Les Vacances de Jean-Claude Grumberg au Domaine de Penthes, GenĂšve ; Hamlet de Shakespeare, oĂč il tient le rĂŽle titre, au ThĂ©Ăątre du Loup, GenĂšve ; Le Grand Cahier d’Agota Kristof, crĂ©Ă© au ThĂ©Ăątre Vidy-Lausanne ; Allers-retours de Horvath, Ă  la ComĂ©die de GenĂšve.
En tant que comédien, en dehors de ses propres mises en scÚne dans lesquelles il joue, il travaille sous la direction de Claude Stratz, Letizia Quintavalla, Katarina Thalbach, Gianni Schneider, Dominique Catton, Eric Salama, Frédéric Polier, Raphaël Bermudez.
RĂ©cemment il interprĂšte Heiner MĂŒller, notamment PhiloctĂšte dans une mise en scĂšne de Bernard Meister au ThĂ©Ăątre du GrĂŒtli de GenĂšve.

Les acteurs

MAURICE AUFAIR (Porfiri SĂ©mionovitch Glagoliev)
Il a Ă©tudiĂ© l’art dramatique au Conservatoire de GenĂšve. Il a ensuite partagĂ© sa vie artistique entre le thĂ©Ăątre et le cinĂ©ma. Il fut aussi l’un des acteurs du radio-thĂ©Ăątre, Ă  l’époque de Radio-GenĂšve. Durant deux saisons, il a dirigĂ© le ThĂ©Ăątre de Carouge, oĂč il a rĂ©guliĂšrement tenu des rĂŽles entre 1959 et 1996.
Au thĂ©Ăątre, Maurice Aufair a jouĂ© notamment sous la direction de Jean Vilar, Roger Blin, Jean-Paul Roussillon, Marcel Bluwal, Benno Besson et Jorge Lavelli. On a vu Maurice Aufair sur le petit Ă©cran dans de nombreuses sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es : Docteur Sylvestre, L'Heure Simenon, SĂ©rie noire, L'Affaire Labricole, Le SixiĂšme sens. Il a aussi prĂȘtĂ© sa voix Ă  l’Ours Paddington. Il est Ă©galement le narrateur du court mĂ©trage Entre Ciel et Terre de Jean-François Amiguet.  

CLAUDE-INGA BARBEY (Anna Pétrovna Voïnitséva)
AprĂšs avoir suivi l'Ă©cole supĂ©rieure d'art dramatique de GenĂšve (ÉSAD) de 1978 Ă  1980, elle participe comme humoriste Ă  partir de 1992 aux Ă©missions 5 sur 5 et Les Dicodeurs sur la Radio suisse romande, ainsi qu'Ă  l'Ă©mission de tĂ©lĂ©vision de Lova Golovtchiner Le Fond de la corbeille.
En 1996, elle crĂ©e avec Patrick Lapp le couple de Monique et Roger dans l'Ă©mission Bergamote (oĂč participent Ă©galement Claude Blanc et Daniel Rausis). Le premier spectacle Bergamotte est montĂ© en 1998, suivi de plusieurs autres spectacles : Bergamote et l'Ange , Le Temps des cerises, Le Modern. La mĂȘme annĂ©e, elle participe Ă©galement au sitcom Vu sous cet angle Ă  la TĂ©lĂ©vision suisse romande  et crĂ©Ă© une Ă©mission de radio Betty qui est diffusĂ©e sur les ondes de la Radio Suisse Romande et qui raconte la vie d'une femme de 45 ans qui suit une thĂ©rapie avec une psychologue. Betty est incarnĂ©e par Doris Ittig  et la psychologue par Claude-Inga Barbey.
En 2007, elle adapte et met en scĂšne le roman de Pierre Gripari La SorciĂšre du Placard aux Balais au ThĂ©Ăątre de Marionnettes de GenĂšve avec la collaboration de Doris Ittig et de Guy Jutard, sur une musique d'HĂ©lĂšne Zambelli. En 2008, elle adapte et met en scĂšne son roman Les Petits Arrangements qui raconte sa sĂ©paration d'avec son mari plus jeune. Du 25 au 30 mai elle sera Ă  nouveau Juliette dans Juliette et RomĂ©o au ThĂ©Ăątre de Carouge et prĂ©pare actuellement Infuser une Ăąme, piĂšce autour de l’écrivaine Virginia Wolf qui sera donnĂ©e Ă  la ComĂ©die de GenĂšve du du 19 au 31 mars 2010. Voir : Infuser une Ăąme

Julia Batinova (Alexandra Ivanovna, dite Sacha)
Julia Batinova est nĂ©e en 1977. De 2000 Ă  2003, elle a suivi la formation de l’École SupĂ©rieure d’Art Dramatique (E.S.A.D.) – Conservatoire de GenĂšve. Elle a suivi des stages d’interprĂ©tation avec Anne-Marie Delbart, Anton Kouznetsov, Jean Liermier, Omar Poras, Denis Maillefer, Armen Godel, AndrĂ© Steiger, Alain Maratrat. Au thĂ©Ăątre, elle a jouĂ© avec JosĂ© Lillo Les Nuits blanches de Fedor DostoĂŻevski (2006) ; avec Mercedes Brawand L’appel du pont de Nathalie Papin (2006) ; avec Gianni Schneider Lulu de Frank Wedekind (2006) ; avec HervĂ© Loichemol Nathan le Sage de Gotthold EphraĂŻm Lessing ; avec Alain Maratrat La dispute de Marivaux (2005) et L’étrange voyage de Peer Gynt de Henrik Ibsen (2004). Au cinĂ©ma, elle a tournĂ© avec Elena Hazanov La traductrice (2005); avec F-Christophe Marzal Au large de Bad Ragaz (2003) et avec Alain Tanner Paul s’en va (2003).

VINCENT BONILLO (Sergueï Pavlovitch Voïnitsév)
DiplĂŽmĂ© de la Section professionnelle d’art dramatique du Conservatoire de Lausanne (1996), Vincent Bonillo travaille d’abord notamment avec les metteurs en scĂšne Philippe Mentha (Les Rustres de Goldoni, 1996), Claude Stratz (Sa majestĂ© des mouches de William Golding, 1998) et HervĂ© Loichemol. Il joue aussi entre autres pour Brigitte Jaques (Dom Juan de MoliĂšre, 1998-2000), Philippe Morand (Le Forts les faibles de Jean-Marie Piemme, 2001-02) et Isabelle Bonillo (Chute d’Ange Ă  Bellevaux, 2003). On le voit au ThĂ©Ăątre des Osses, Ă  Givisiez (Le Baiser de la veuve de Horowitz, dirigĂ© par Sylviane Tille, 2004 ; MĂšre Courage de Brecht mise en scĂšne par Giselle Sallin, 2005).
Depuis deux ans, il joue sous la direction de Jean-Louis Martinelli, au ThĂ©Ăątre Les Amandiers, Ă  Nanterre (Les SacrifiĂ©es de Laurent GaudĂ©, 2004 ; Schweyk de Brecht, 2005 ; La RĂ©publique de Mek-Ouyes de Jacques Jouet, 2006). En 2006, il signe sa premiĂšre mise en scĂšne au thĂ©Ăątre avec Winkelried de JoĂ«l Maillard. Au cinĂ©ma, il a tournĂ© dans Fake de Kata Trub (2000), Accord perdu d’Amina Djahnine (2002) et Demain j’arrĂȘte de Nicole Borgeat (2004). Il a jouĂ© dans les long-mĂ©trages De ce monde de FrĂ©dĂ©ric Landenberg (2002) et Absolut de Romed Wyder (2004). En octobre dernier, sur les planches du ThĂ©Ăątre de Carouge, Vincent Bonillo a Ă©tĂ© Titus, dans BĂ©rĂ©nice mise en scĂšne par Philippe Sireuil.  

ARMEN GODEL (Abram Abramovitch Venguérovitch)
NĂ© Ă  GenĂšve en 1941, d’une mĂšre armĂ©nienne et d’un pĂšre linguiste, il est le frĂšre de l’écrivain VahĂ© Godel. Auteur, comĂ©dien et metteur en scĂšne, spĂ©cialiste et traducteur de piĂšces de thĂ©Ăątre nĂŽ, il publie en 1989 deux ouvrages inspirĂ©s par le Japon, puis se met au roman. Il habite toujours sa ville natale. 

CHRISTIAN GREGORI (NikolaĂŻ Ivanovitch Triletski)
NĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1960, il suit une formation Ă  l’École SupĂ©rieure d’Art Dramatique de GenĂšve, de 1984 Ă  1987. Depuis, il arpente les scĂšnes des thĂ©Ăątres romands. Parmi ses derniers spectacles, Le Misanthrope suite et fin de MoliĂšre et Courteline, mis en scĂšne par Michel Kullmann au ThĂ©Ăątre de Carouge ; Les Femmes savantes de MoliĂšre, mis en scĂšne par Philippe Mentha au ThĂ©Ăątre KlĂ©ber-MĂ©leau ; Aller-retour de von HorvĂĄth, mis en scĂšne par Valentin Rossier, Ă  La ComĂ©die de GenĂšve; Les Idiots de Claudine Galea, mis en scĂšne par AgnĂšs Boulmer, Ă  La ComĂ©die de GenĂšve; ApĂ©ro d’aprĂšs Jean-Marie Gourio, au ThĂ©Ăątre du GrĂŒtli. Au Poche, il joue dans Petit Bois de Michel Viala, montĂ© par Françoise Courvoisier. Il a Ă©galement travaillĂ© avec de nombreux metteurs en scĂšne, dont Simon Eine, Georges Wilson, Raoul Pastor, Georges Wod, Philippe Morand, Eric Jeanmonod. 

ROBERTO MOLO (Ossip)
DiplĂŽmĂ© de l’École Serge Martin, Ă  GenĂšve (1986-90), Roberto Molo travaille avec diffĂ©rents metteurs en scĂšne en Suisse Romande, dont Andrea Novicov (Sur ça, 1999 ; Fastes d’enfer de Ghelderode, 2000), Eric Salama (Le Cabinet du docteur Benway et Interzone d’aprĂšs Burroughs, 2000-02) et Michel Favre (Le Saperleau de Gildas Bourdet, 2002-03). Depuis une dizaine d’annĂ©es, il joue rĂ©guliĂšrement pour FrĂ©dĂ©ric Polier (en 2005, Le MaĂźtre et Marguerite de Boulgakov et DostoĂŻevski Ă  Cuba) et Valentin Rossier (en 2005, Hamlet de Shakespeare). On le voit aussi sur la scĂšne de la ComĂ©die de GenĂšve, oĂč il joue sous la direction d’Anne Bisang (Maison de poupĂ©e d’Ibsen, 2004) et Maya Bösch (Hunger ! Richard III de Shakespeare, 2005). Au cinĂ©ma, Roberto Molo a notamment tenu des rĂŽles pour FrĂ©dĂ©ric Schoendoerffer (Agents secrets, 2004), Ruxandra Zenide (Green Oaks, 2002), CĂ©dric Kahn (Roberto Succo, 2000) et Fabrice Aragno (Dimanche, 1999). En 2008, il est Ă  l'affiche de La vraie vie est ailleurs de FrĂ©dĂ©ric Choffat. 

GUILLAUME PRIN (Kirill Porfiriévitch Glagoliev)
Guillaume Prin a suivi sa formation de comĂ©dien au Conservatoire SupĂ©rieur d’Art Dramatique de GenĂšve sous les directions de Claude Stratz et Anne-Marie Delbart entre 2000 et 2003. De 2003 Ă  2005 il travaille essentiellement avec Michel Deutsch sur des textes de Heiner MĂŒller (Germania 3, Hamlet Machine) jouĂ© entre Lausanne, GenĂšve et Paris, ainsi qu’avec Laurence Calame avec laquelle il participe Ă  la crĂ©ation de Stella de Goethe Ă  l’Orangerie, ainsi qu’une adaptation de Gargantua de Rabelais au ThĂ©Ăątre du Loup Ă  GenĂšve.
De 2005 Ă  2006, il travaille sous la direction de Patrick Haggiag sur le spectacle Tribune Est Ă  Colmar, et Fabrice Huggler pour La mort de Tintagiles au Galpon Ă  GenĂšve.
En mars 2005, il fonde avec son frĂšre, Arnaud Prin et l’écrivain Arthur Pargui, la Compagnie AGP. De cette union naĂźt en mai juin 2006 un premier spectacle intitulĂ© Un Clochard Philosophique, monologue qu’il incarnera un peu plus de 30 fois en Suisse romande et dont il co-signera la mise en scĂšne avec Arnaud Prin. Depuis aoĂ»t 2006, il travaille avec son frĂšre et Arthur Pargui au sein de la Compagnie AGP oĂč il collabore Ă  la conception des textes et des rĂ©flexions.
Outre ce travail indĂ©pendant, Guillaume Prin a participĂ© Ă  de multiples tournages, travaillant entre autre avec Alain Tanner ou Francis Reusser. Il s’investit dans de nombreux projets off, participant notamment Ă  des courts mĂ©trages et autres crĂ©ations hors institutions.

Élodie Bordas (Sofia IĂ©gorovna)

Marie Druc (Maria Éfimovna GrĂ©kova)
DiplÎmée de l'E.S.A.D à GenÚve, Marie Druc a joué dans différents spectacles en suisse Romande et en France.
Elle a notamment travaillé avec Jean Liermier (Peter Pan J.M. Barry, Loin d'Hagondange J.P. Wenzel, Le médecin malgré lui MoliÚre), avec Dominique Pitoiset (Le Tartuffe MoliÚre), avec Dominique Catton et Chritiane Suter (Alice et autres merveilles F. Melquiot, Arlequin poli par l'amour Marivaux), avec Raoul Pastor ( Le barbier de Séville Beaumarchais, Le Misanthrope MoliÚre) avec Georges Guerreiro (Les Serpents M Ndiaye) ainsi qu'avec sa Compagnie Clair-Obscur (Le Miracle G. Schwajda, Sous les yeux des femmes...Pal Bekes) et encore quelques autres...

Anton Tchekhov

Écrivain russe, Tchekhov est nĂ© en 1860 Ă  Taganrog, un petit port de la mer d’Azov, et est dĂ©cĂ©dĂ© de tuberculose Ă  Badenweiler en Allemagne en 1904.

Il y a peu Ă  dire sur sa vie sinon qu’elle dĂ©buta sous les affres d’un tyran domestique, fanatique religieux et analphabĂšte, son pĂšre, et qu’elle se termina dans la souffrance de la maladie au cours d’un voyage Ă  travers l’Europe. Il travailla beaucoup, d’abord comme mĂ©decin puis quand il lui restait du temps comme Ă©crivain, se maria sur le tard, voyagea un peu, et laissa sa vie s’écouler au rythme de ses sĂ©jours prolongĂ©s au sanatorium.

De la souffrance causĂ©e par la maladie naĂźtra ce sentiment profond que chaque seconde de vie est une seconde arrachĂ©e Ă  la mort, et qu’il ne peut y avoir de rĂ©signation que face Ă  la vie. « Comprenez ça, on a envie de vivre ! Â» dit Sorine. Soutien de famille dĂšs l’ñge de 19 ans, il poursuit des Ă©tudes de mĂ©decine tout en Ă©crivant des articles dans des revues humoristiques pour subvenir aux besoins des siens.

Pendant toutes ses annĂ©es d’études, c’est-Ă -dire de 1879 Ă  1984, il publiera 179 articles et nouvelles, Ă  raison de trois heures par jour, assis Ă  la table de la cuisine entre le Samovar et les rires de ses frĂšres. Sa facilitĂ© tient du prodige. C’est que depuis son plus jeune Ăąge, que ce soit dans l’épicerie de son pĂšre, oĂč plus tard dans le monde, Anton Tchekhov observe, enregistre tous les menus dĂ©tails qui façonnent la nature humaine.

Ses sujets alors appartiennent Ă  la vie de tous les jours qu’il dĂ©peint de son regard moqueur. En 1887, il publie pour la premiĂšre fois sous son vrai nom un recueil de nouvelles, Les RĂ©cits bariolĂ©s. MaĂźtre de la nouvelle brĂšve, Anton Tchekhov Ă©rige en idĂ©al la sobriĂ©tĂ©, la concision, l’économie de moyen. Il reçoit le prix Pouchkine, et comme Trigorine dans La Mouette, est adulĂ©, on le courtise, le public l’aime. Mais cette reconnaissance, cet amour lĂ , le rend las, le déçoit.

Dans la bouche de Trigorine, il dira : « J’ai l’impression que cet intĂ©rĂȘt que les gens me portent, ces louanges, cet enthousiasme – tout ça, c’est du mensonge, on me ment comme Ă  un malade, et, parfois, j’ai peur que, lĂ , dans l’instant, les gens ne se glissent derriĂšre moi, ne me ligotent et ne m’emmĂšnent chez les fous Â»

L’Ɠuvre dramatique de Tchekhov dĂ©bute en 1887 avec Ivanov, suivra Oncle Vania en 1890, La Mouette en 1896, Les Trois SƓurs en 1900, et enfin La Cerisaie en 1903. Ces 5 piĂšces Ă©crites par un dramaturge se considĂ©rant lui-mĂȘme comme « pas formidable Â», rĂ©volutionneront le thĂ©Ăątre russe, tant dramaturgiquement que formellement. Ces piĂšces qui vont « Ă  l’encontre de toutes les lois de la scĂšne Â» imposeront un nouvel acteur, un nouvel espace, un nouveau thĂ©Ăątre, Ă©piphanie rendue possible par Datchenko et Stanislavski le  17 dĂ©cembre 1898, au ThĂ©Ăątre d’Art de Moscou, devant une salle pleine venue faire un triomphe Ă  La Mouette.

À travers une langue dĂ©pouillĂ©e et transparente, Tchekhov questionne la crĂ©ation, cette compulsion tyrannique, « je dois Ă©crire, je dois Ă©crire, je dois.. Â», la vocation, la nature du rĂ©el, le symbole, l’allĂ©gorie
 la vie rĂȘvĂ©e et la vie rĂ©elle. RĂ©sonne alors la voix de Nina : « Maintenant, je sais, je comprends que, dans notre partie – c’est la mĂȘme chose, qu’on joue sur scĂšne ou qu’on Ă©crive -, ce qui compte, ce n’est pas la gloire, pas l’éclat, pas ce dont je rĂȘvais, mais la longue patience. Sache porter ta croix, aie la foi. J’ai la foi, et j’ai moins mal, et, quand je pense Ă  ma vocation, je n’ai plus peur de la vie Â».    

DELPHINE DE STOUTZ

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Soirée

AprÚs le vif succÚs rencontré par les soirées à thÚme la saison derniÚre, le théùtre de carouge-atelier de genÚve vous propose de reprendre la route avec ses samedis coup de coeur.

Samedi 27 février 2010
« Ce soir je vous aime plus que les autres jours. »
Une nuit à Moscou – salle François-Simon
Renseignements et réservations : moscou[at]tcag.ch

DĂšs 18h au ThĂ©Ăątre de Carouge : Les samedis Coup de coeur dĂ©butent par un apĂ©ritif de bienvenue offert, autour d’une prĂ©sentation haute en couleur, concoctĂ©e par AndrĂ© Steiger et Richard Vachoux, deux complices de la scĂšne romande. Sous le regard amical d’Anne-Marie Delbart, ils proposent de commenter, avec malice et dĂ©rision, les piĂšces Ă  l’affiche du ThĂ©Ăątre de Carouge ! Des rendez-vous qu’ils intitulent : Divergences, duo de clowns pour intellectuels. Tout un programme !

AprĂšs la reprĂ©sentation : La fĂȘte continue en musique au foyer du ThĂ©Ăątre avec un concert de GARI GARI. Elena au violon et guitare avec une excellente voix slave accompagnĂ©e par Michka accordĂ©oniste. Ils jouent de la musique russe traditionnelle et russe tsigane. Ils viendront habillĂ©s dans les costumes typiques.

DĂšs 22h au Chat Noir : Le Chat Noir prend la relĂšve.
GrĂące Ă  un partenariat avec ce lieu phare de la vie carougeoise, le ThĂ©Ăątre de Carouge vous fait bĂ©nĂ©ficier d’un tarif prĂ©fĂ©rentiel et vous invite ainsi Ă  dĂ©couvrir de jeunes talents musicaux.CHF 10.– Sur prĂ©sentation du billet du ThĂ©Ăątre de Carouge, datĂ© du jour. À se procurer directement Ă  la billetterie du ThĂ©Ăątre de Carouge, Ă  l’entrĂ©e du Chat Noir ou par Internet sur theatredecarouge-geneve.ch.

 

MAMA ROSIN (Cajun, zarico) Avec Robin A. Girod (guitar, vocals, banjo), Cyril "Jeter" Yeterian” (melodeon, vocals, guitar), Xavier "GĂ©rard Guilain" Bray (drums, vocals).Ce trio genevois qui s’inspire de musique cajun et zydeco, revient d’un voyage riche de rencontres en AmĂ©rique du sud. Musiciens hors normes, ce groupe genevois a le vent en poupe. Le Chat Noir est heureux de faire dĂ©couvrir leur tout dernier carnet de route ! www.myspace.com/mamarosin.
DĂšs 00h30 : DJ ISI & MESS BASS
(rare cosmic soul & tanzparty).